Éditions Fradet

 

 


Reims 1000-1600
Six siècles d'événements


Daniel Pellus


Reims 1600-1800
Deux siècles d'événements

Daniel Pellus


Reims 1800-1900
Un siècle d'événements

Daniel Pellus


Reims 1900-2000
Un siècle d'événements

Daniel Pellus





Reims 1000-2000 :
dix siècles d'événements

 

 

1747 : on démolit le grand autel
de la cathédrale de Reims

par Daniel Pellus

    On décide en 1747 de démolir le grand autel de la cathédrale, qui avait été construit au milieu du XVIe siècle sous le pontificat du cardinal de Lorraine pour remplacer un ancien autel entièrement en bois. Dom Chastelain en a donné la description suivante dans son journal :

    «Il était construit d’un marbre gris poli depuis le marchepied jusqu’au sommet, et avait des enrichissements qui n’étaient pas communs, car la table où le prêtre célèbre, qu’on montrait à découvert aux fêtes solennelles, est faite d’une lame d’or relevée en figures. Au derrière s’élèvent deux piliers de marbre enrichis de leurs chapiteaux avec une autre plaque d’argent doré, comme dans un cadre, où la Cène du Sauveur est représentée en relief. Et dessus le faîte qui est de la largeur de l’autel est posée l’image de la Vierge, aussi d’argent doré, entre quatre piliers de marbre couronnés de leurs chapiteaux. Derrière est une croix de vermeil, élevée sur une pyramide de marbre, ayant deux châsses à ses côtés et derrière vingt cierges. Cet autel était environné de pantes et rideaux qu’on changeait selon la couleur des fêtes.»

    A son emplacement on éleva un nouveau maître-autel aux frais du chanoine Godinot. Le chanoine Cerf, dans son Histoire de la cathédrale de Reims, en donne la description suivante :

    «Il a la forme d’un tombeau à deux faces. Les marbres qui le composent sont très précieux, parfaitement travaillés. Les profils et les moulures sont très riches. Deux plaques en marbre blanc, provenant du couvent de Sainte-Claire à Reims, ornent cet autel par devant et par derrière. Elles remplacent les tables d’or que M. Godinot avait fait exécuter avec bien des difficultés... L’autel, en griot d’Italie et en marbre rouge, coûta 9500 livres. Les angles sont ornés de quatre anges en bois sculpté et doré. A chaque extrémité se trouve un riche écusson, également en bois doré.»

    La Révolution va saccager cet autel. Les tables d’or offertes par le chanoine Godinot seront fondues. Les anges dorés  et les autres ornements placés aux extrémités de l’autel seront détruits.

    Extrait de Reims 1600-1800 - Deux siècles d'événements de Daniel Pellus. © Éditions Fradet, 2005. Tous droits réservés.