Éditions Fradet
Reims
|
Dernière mise à
jour :
|
La cathédrale de Reims dans l'histoire par Daniel Pellus |
|
Reims
1000-1600
. |
1210
La
cathédrale détruite par un incendie. C’était
le 6 mai. La population de Reims va passer une nuit blanche. Un
incendie fantastique, comme il s’en déclare de temps à autre au Moyen
Age, ravage le centre de la ville. Des flammes gigantesques s’élèvent
de la cathédrale et éclairent comme en plein jour la place du Parvis.... Lire la suite... 1429 Le sacre de Charles VII. Le caractère exceptionnel du sacre de Charles VII tient surtout à la présence insolite, à côté de l’autel, d’une jeune fille tenant fièrement son étendard. Un détail que, deux ans plus tard, lui reprochera le tribunal de Rouen présidé par l’ancien Rémois Pierre Cauchon. Un étendard près de l’autel est un sacrilège! «Il avait été à la peine, répliquera Jeanne d’Arc, c’était bien qu’il fut à l’honneur!» L’imagerie populaire retiendra aussi le geste touchant de Jeanne qui, à la fin de la cérémonie, en présence de tous les seigneurs, se jeta en pleurant aux pieds du roi, exprimant sa joie de le voir enfin sacré et reconnu comme «le vrai roi, celui auquel le royaume de France doit appartenir».
1481
Le 24 juillet, un terrible incendie ravage la cathédrale, anéantissant
une partie de deux siècles de labeur. La catastrophe arrive en fin de matinée, entre onze heures et midi. Des
ouvriers chargés de réparer la toiture de plomb de l’édifice avaient
laissé dans les combles un fourneau à fondre le plomb allumé, pendant
qu’ils se rendaient en ville sur un autre chantier. Le feu se
communique à la charpente et dévore rapidement toute la toiture de la
cathédrale. Dès l’apparition d’une fumée suspecte sortant du clocher
situé sur le chœur, l’alerte est donnée. On accourt de toutes parts... Lire la suite... Extraits de Reims 1000-1600 - Six siècles d'événements de Daniel Pellus. © Éditions Fradet, 2007. Tous droits réservés. |
![]() Portail de Notre-Dame de Rheims. Par Jacques Androuet du Cerceau. XVIe siècle. Bibliothèque municipale de Reims, X-II-a, BMR9-316. |
Reims 1600-1800
|
1747
Démolition
du grand autel de la cathédrale. On
décide en 1747 de démolir le grand autel de la cathédrale, qui avait
été construit au milieu du XVIe siècle sous le pontificat du cardinal
de Lorraine pour remplacer un ancien autel entièrement en bois. Dom
Chastelain en a donné la description suivante dans son journal : «Il était
construit d’un marbre gris poli depuis le marchepied jusqu’au
sommet, et avait des enrichissements qui n’étaient pas communs, car la
table où le prêtre célèbre, qu’on montrait à découvert aux fêtes
solennelles, est faite d’une lame d’or relevée en figures. Au derrière
s’élèvent deux piliers de marbre enrichis de leurs chapiteaux avec une
autre plaque d’argent doré, comme dans un cadre, où la Cène du Sauveur
est représentée en relief. Et dessus le faîte qui est de la largeur de
l’autel est posée l’image de la Vierge, aussi d’argent doré, entre
quatre piliers de marbre couronnés de leurs chapiteaux. Derrière est
une croix de vermeil, élevée sur une pyramide de marbre, ayant deux
châsses à ses côtés et derrière vingt cierges. Cet autel était
environné de pantes et rideaux qu’on changeait selon la couleur des
fêtes. A
son
emplacement on éleva un nouveau maître-autel aux frais du
chanoine Godinot. Le chanoine Cerf, dans son Histoire de la cathédrale
de Reims, en donne la description suivante : «Il a la forme
d’un tombeau à deux faces. Les marbres qui le composent
sont très précieux, parfaitement travaillés. Les profils et les
moulures sont très riches. Deux plaques en marbre blanc, provenant du
couvent de Sainte-Claire à Reims, ornent cet autel par devant et par
derrière. Elles remplacent les tables d’or que M. Godinot avait fait
exécuter avec bien des difficultés... L’autel, en griot d’Italie et en
marbre rouge, coûta 9500 livres. Les angles sont ornés de quatre anges
en bois sculpté et doré. A chaque extrémité se trouve un riche écusson,
également en bois doré.» La Révolution va saccager cet autel. Les tables d’or offertes par le chanoine Godinot seront fondues. Les anges dorés et les autres ornements placés aux extrémités de l’autel seront détruits.
1790
Suppression
et démolition du chapitre de la cathédrale.
Le
24 novembre 1790, la municipalité de Reims annonce la suppression du
chapitre et l’interdiction aux chanoines de la cathédrale d’exercer
leurs fonctions canoniales. Le chapitre compte alors dans ses rangs 64
chanoines, dont treize natifs de Reims, dix-huit du diocèse de Reims,
le reste originaires de diverses régions de France. Ils vont se
disperser. Certains restent à Reims, et quelques-uns retrouveront leurs
fonctions en 1821. Leur réaction après cette brutale interdiction,
exprimée dans une lettre adressée au district, est calme, digne et
simple dans la forme et dans le fond : «Le
coup le plus douloureux pour nous est frappé, et nous en porterons
l’impression jusqu’au tombeau. Au milieu de nos disgrâces, il nous
était resté jusqu’à ce moment la consolation de pouvoir remplir les
devoirs du culte public attaché à notre institution. Aujourd’hui que
des défenses rigoureuses y mettent obstacle, nous devons courber la
tête sous le poids de l’autorité et céder à la force sur ce point,
ainsi que nous l’avons déjà fait sur le dépouillement des biens dont le
chapitre était en possession.» Extraits de Reims 1600-1800 - Deux siècles d'événements de Daniel Pellus. © Éditions Fradet, 2005. Tous droits réservés |
![]() Le chapitre de la cathédrale sous l’Ancien Régime : une petite ville dans la ville. Détail du plan Colin, 1665. ![]() Vue du portail de l’église cathédrale de Reims. Burin signé Martinet, XVIIIe. |
Reims 1800-1900
|
1825. Le dernier sacre d’un roi
: contrairement à Louis XVIII, Charles X accepte avec empressement de
respecter la tradition royale en se faisant sacrer à Reims.
La cérémonie est fixée au 29 mai 1825, jour anniversaire du dernier
sacre de la monarchie. C’est en effet le 29 mai 1775 que Louis XVI fut
sacré dans la même ville de Reims. Branle-bas dans la cité des sacres... 1844 : les obséques du maréchal Drouet, comte d'Erlon. Le 24 janvier 1844, un célèbre enfant de Reims meurt à Paris, dans son petit appartement de la rue Thiboux, à l’âge de 79 ans. Un décès discret, modeste. Il s’agit de Jean-Baptiste Drouet, comte d’Erlon, maréchal de France. La veille de sa mort, il a exprimé à son médecin son désir de reposer à Reims, la ville où il est né, le 29 juillet 1765, dans la paroisse Saint-Hilaire. La nouvelle de ce décès bouleverse les Rémois, qui n’ont pas oublié les gloires militaires de la République et de l’Empire, et notamment le prodigieux destin de cet enfant de la cité. Fils d’un charpentier, lui-même ouvrier serrurier, Jean-Baptiste Drouet s’engagea en 1792, lors de la première guerre de la République. Volontaire, il aurait signé son engagement sur un tambour, sur la place même qui devait plus tard porter son nom. Il servit dans les armées de la Révolution, puis dans celles de l’Empire. Il a conquis tous ses grades sur les champs de bataille, à Zurich, à Austerlitz, à Eylau. Il fit capituler Dantzig, commanda en Allemagne, au Portugal et en Espagne. Il était général à la fin de l’Empire. Après Waterloo, condamné à mort par contumace sous la Restauration, Jean-Baptiste Drouet fut contraint à l’exil. Mais il fut gracié par Charles X lors de son sacre en 1825. Revenu en France, il obtint sa réintégration dans l’armée. Il fut nommé gouverneur général de l’Algérie en 1834. En 1843, un an avant sa mort, il fut fait maréchal de France par Louis-Philippe. Le corps de Drouet d’Erlon n’est transporté à Reims que deux mois plus tard. La ville lui fait alors de grandioses obsèques. La cathédrale, archipleine, est décorée d’environ 4000 mètres carrés de tentures... 1888 : cinq jours de fête pour célébrer la béatification de Jean-Baptiste de la Salle. Le couronnement de ces fêtes a lieu le dimanche 8 juin à la cathédrale. La messe pontificale, célébrée par l’archevêque de Sébaste, est marquée par l’exécution de la messe composée spécialement par Gounod, qui dirige lui-même le chœur et les 200 musiciens. Le soir aux vêpres, Mgr Freppel, évêque d’Angers, donne un troisième panégyrique de Jean-Baptiste de la Salle. «Il développa avec une grande éloquence les traditions de l’Église en matière d’éducation populaire et l’application qu’en fit Jean-Baptiste de la Salle et après lui ses disciples et successeurs dans leurs écoles des enfants du peuple.»... Extraits de Reims 1800-1900 - Un siècle d'événements de Daniel Pellus. © Éditions Fradet, 2003. Tous droits réservés. |
![]() 1844 : les obséques du maréchal Drouet, comte d'Erlon. ![]() 12 octobre 1858. Napoléon III à Reims. Arrivée à la cathédrale. D’après un croquis de M. A. Reimbeau. Bibliothèque municipale de Reims, |
|
Reims
1900-2000
50 ans
de vie rémoise |
7 mars 1914 : L’inventaire de la cathédrale a été opéré hier matin au milieu d’un
déploiementde de forces considérables qui assuraient le service d’ordre. (L’Indépendant rémois, 8 mars 1906) 19 septembre 1914 : la cathédrale de Reims bombardée, incendiée... A 15 heures, un obus traverse l’échafaudage qui a été dressé en 1913 le long de la tour nord. L’obus explose dans cet amalgame de poutres et y met le feu. On appelle les pompiers. Mais que peuvent-ils faire alors qu’une partie de la ville et même leur caserne sont en feu?... Bientôt les flammes s’engouffrent dans la nef, attaquent les portes... Lire la suite... 9 et 10 juillet 1938 : «La cathédrale restaurée», «L’apothéose de la cathédrale ressuscitée», «La merveille du monde ressuscitée», «Reims revit les heures fastueuses de son passé royal», «La cathédrale de Reims renaît de ses cendres, plus glorieuse et magnifique que jamais»... Le lundi 11 juillet 1938, tous les journaux français, sans distinction d’opinions, rendent compte avec enthousiasme des grandioses cérémonies qui viennent de se dérouler à l’occasion de l’inauguration officielle de la cathédrale restaurée. Le presse étrangère consacre également d’importants articles à l’événement... Lire la suite... Extraits de Reims 1900-2000 - Un siècle d'événements de Daniel Pellus. © Éditions Fradet, 2001. Tous droits réservés. 8 juillet 1962 : la réconciliation franco-allemande. Deux ans après le discours du numéro 1 soviétique dans la cité des sacres mettant en garde les Français contre «le danger allemand», la rencontre entre le général de Gaulle, président de la République, et le chancelier Konrad Adenauer fut un événement historique. C'est officiellement ce jour-là qu'est née la réconciliation franco-allemande, peut-être aussi sans doute «l'Europe des cœurs», comme l'a ressenti à l'époque Roger Crespin, adjoint au maire. Un événement emprunt de solennité en présence pourtant de près de 5000 fidèles réunis pour «la messe de la Paix» en la cathédrale Notre-Dame. L'Histoire retiendra aussi l'image du Général, agenouillé sur un prie-Dieu, le chancelier Konrad Adenauer à ses côtés, dans la même attitude d'humilité. Jean Falala, conseiller général à l'époque, eut la même émotion, mais fait remarquer que la journée ne fut pas une journée de fête. «Pour cette réconciliation franco-allemande scellée entre de Gaulle et le chancelier Adenauer, il faut avouer que la population n'était pas très enthousiaste. Demander la réconciliation, de ne pas faire la guerre, c'était un peu tôt. Il n'y a pas eu d'hostilité, le chancelier fut bien accueilli, mais sans exubérance.» Extrait de 50 ans de vie rémoise 1950-2000 d'Alain Moyat. © Éditions Fradet, 2000. Tous droits réservés. |
![]() L’inventaire de la cathédrale a été opéré hier matin au milieu d’un déploiement de forces considérables qui assuraient le service d’ordre (L’Indépendant rémois, 8 mars 1906) ![]() 19 septembre 1914 : la cathédrale de Reims bombardée, incendiée... ![]() La rencontre entre le général de Gaulle, président de la République, et le chancelier Konrad Adenauer, ici en compagnie de Mgr Marty, fut un événement historique. Photo L'Union. |